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Neurodivergence

Et si mon fonctionnement était simplement différent ?

Se sentir "trop" décalé(e)

Se sentir « trop », décalé(e), facilement submergé(e) ou avoir besoin de fonctionner différemment des autres peut susciter beaucoup de questionnements.

Se sentir « trop » ou différent : et si l’on apprenait à mieux comprendre son fonctionnement ?

« Je prends tout trop à cœur. »

« Je réfléchis beaucoup trop. »

« J’ai besoin de plus de temps que les autres pour récupérer. »

« Le bruit, le monde ou certaines ambiances m’épuisent. »

« J’ai toujours eu l’impression d’être un peu à côté. »

« Pourquoi les autres semblent-ils gérer des choses qui me demandent autant d’énergie ? »

Se sentir « trop », différent ou en décalage peut soulever beaucoup de questions.

Certaines personnes se sentent facilement submergées par leurs émotions. D’autres ont besoin de davantage de calme, de solitude ou d’anticipation. Certaines remarquent énormément de détails, réfléchissent beaucoup, ressentent intensément les tensions ou ont simplement l’impression de ne pas fonctionner comme la majorité des personnes qui les entourent.

À force de se comparer, une question peut finir par apparaître :

« Pourquoi est-ce que je n’arrive pas simplement à être comme les autres ? »

Et si, avant de chercher à fonctionner comme les autres, nous commencions par essayer de comprendre comment nous fonctionnons, nous ?

Quand « trop » devient une manière de se définir

Trop sensible. Trop émotif. Trop anxieux. Trop intense. Trop silencieux. Trop compliqué.

Trop susceptible. Trop solitaire.

Lorsqu’une personne entend régulièrement ce type de remarques, elle peut progressivement les intégrer à l’image qu’elle a d’elle-même.

Elle ne pense plus seulement :

« Cette situation m’a submergé(e). »

Mais :

« Je suis trop sensible. »

La nuance est importante.

Dans la première phrase, nous décrivons une expérience.

Dans la seconde, nous commençons à définir toute notre personne à travers elle.

Pourtant, une réaction ne résume pas une identité.

Différent ne signifie pas défaillant

Nous ne réagissons pas tous de la même manière à notre environnement.

Une journée très stimulante pourra être agréable pour une personne et épuisante pour une autre.

Un changement de programme sera facilement accepté par certains et demandera davantage d’adaptation à d’autres.

Une remarque sera rapidement oubliée par quelqu’un alors qu’une autre personne continuera à y réfléchir plusieurs heures après.

Il ne s’agit pas nécessairement de savoir quelle réaction est la « bonne ».

Il s’agit d’abord de reconnaître que nos besoins, nos sensibilités et nos manières de traiter ce qui nous entoure peuvent être différents.

La difficulté apparaît souvent lorsque nous essayons continuellement de nous adapter à un fonctionnement qui ne nous correspond pas, sans jamais nous demander ce dont nous avons réellement besoin.

Lorsque tout semble arriver plus fort

Certaines personnes décrivent leurs émotions comme particulièrement intenses.

Une joie peut être immense.

Une critique peut rester longtemps.

Une tension dans une pièce peut être immédiatement ressentie.

Une journée chargée peut donner l’impression d’avoir épuisé toutes ses réserves.

Cette intensité peut parfois être difficile à vivre.

Mais l’objectif n’est pas nécessairement de devenir moins sensible.

Il peut être d’apprendre progressivement à reconnaître les situations qui nous sollicitent beaucoup et à identifier ce qui nous aide à retrouver notre équilibre.

Cela peut être le calme.

Le mouvement.

La musique.

Une activité créative.

La nature.

Un moment seul.

Une personne avec laquelle nous pouvons être nous-mêmes.

Mettre des mots sur ce que nous ressentons.

Mieux se connaître permet parfois d’agir avant d’être complètement submergé.

Arrêter de se comparer à une énergie qui n’est pas la nôtre

La comparaison peut être particulièrement difficile lorsque nos besoins semblent différents de ceux des personnes qui nous entourent.

« Elle travaille toute la journée et sort encore le soir. Pourquoi pas moi ? »

« Tout le monde adore les grandes soirées, pourquoi est-ce que cela m’épuise ? »

« Les autres arrivent à improviser, pourquoi ai-je besoin de tout anticiper ? »

Nous voyons ce que les autres font.

Nous voyons beaucoup moins ce que cela leur coûte intérieurement.

Et surtout, nous comparons parfois deux fonctionnements qui ne demandent simplement pas les mêmes choses.

La psychologie positive ne consiste pas à chercher à devenir une meilleure version des autres.

Elle peut au contraire nous aider à identifier les conditions dans lesquelles nos propres ressources peuvent le mieux s’exprimer.

Transformer le regard porté sur certaines particularités

Ce qui nous met en difficulté dans certaines situations peut aussi être lié à des qualités précieuses dans d’autres.

Une grande sensibilité peut parfois s’accompagner d’une forte capacité à percevoir les émotions d’autrui.

Une tendance à beaucoup réfléchir peut devenir une capacité d’analyse.

Le besoin d’observer avant d’agir peut favoriser la prudence.

Une attention importante aux détails peut devenir une force dans certaines activités.

Une vie émotionnelle riche peut nourrir la créativité ou l’empathie.

Cela ne signifie pas qu’il faut absolument transformer chaque difficulté en qualité.

Certaines particularités peuvent réellement être épuisantes ou handicapantes au quotidien.

Mais il est possible de sortir progressivement d’un regard uniquement centré sur ce qui pose problème.

Une même caractéristique peut être une ressource dans un contexte et une difficulté dans un autre.

Comprendre ses besoins plutôt que les juger

Nous passons parfois beaucoup de temps à nous demander si nous avons « le droit » d’avoir certains besoins.

Le droit d’annuler.

Le droit d’avoir besoin de calme.

Le droit de préparer une situation à l’avance.

Le droit de ne pas aimer certains environnements.

Le droit de prendre du temps avant de répondre.

Le droit de récupérer après une journée particulièrement stimulante.

Pourtant, reconnaître un besoin ne signifie pas exiger que tout notre environnement s’y adapte.

Cela signifie pouvoir en tenir compte pour chercher un équilibre entre nos propres limites, celles des autres et les contraintes de la réalité.

La question peut alors évoluer.

Au lieu de :

« Pourquoi suis-je incapable de gérer ça comme tout le monde ? »

Nous pouvons progressivement nous demander :

« Qu’est-ce qui rend cette situation particulièrement difficile pour moi et qu’est-ce qui pourrait m’aider ? »

Cette question ouvre davantage de possibilités.

Apprendre à repérer ses signaux

Avant d’être complètement submergé, notre corps et nos émotions envoient parfois de petits signaux.

Une irritabilité qui augmente.

Une envie de s’isoler.

Des difficultés à se concentrer.

Une tension physique.

Une fatigue soudaine.

L’impression que le moindre imprévu devient insupportable.

Apprendre à identifier ces signes permet de mieux comprendre ses limites.

On peut alors essayer d’intervenir plus tôt : ralentir lorsque c’est possible, réduire certaines stimulations, reporter ce qui peut l’être, demander de l’aide ou simplement reconnaître que notre énergie est plus basse aujourd’hui.

Ce n’est pas toujours possible.

Mais progressivement, cette observation permet de développer une forme de connaissance de soi particulièrement précieuse.

Et si je me reconnais dans l’hypersensibilité ou la neurodivergence ?

Mettre un mot sur son fonctionnement peut parfois apporter beaucoup de soulagement.

Certaines personnes se reconnaissent dans l’hypersensibilité. D’autres s’interrogent sur un trouble du neurodéveloppement, comme le TDAH ou l’autisme, ou sur d’autres particularités de fonctionnement.

Ces questionnements peuvent être légitimes.

Mais se reconnaître dans quelques caractéristiques lues sur Internet ne permet pas, à lui seul, d’établir un diagnostic.

Un même ressenti : fatigue sociale, besoin de routine, difficultés de concentration, sensibilité sensorielle, émotions intenses ... peut avoir différentes explications.

Lorsque ces particularités entraînent une souffrance importante, sont présentes depuis longtemps ou ont des conséquences sur la vie quotidienne, il peut être intéressant d’en parler avec un professionnel compétent et, lorsqu’un diagnostic est envisagé, de se tourner vers les professionnels de santé habilités à réaliser une évaluation adaptée.

Chercher à mieux comprendre son fonctionnement n’a pas nécessairement pour objectif de se mettre dans une case. Cela peut permettre de trouver des réponses et des stratégies plus adaptées.

La psychologie positive : partir aussi de ce qui fonctionne

Lorsque nous avons passé des années à nous sentir différents, notre attention peut finir par se concentrer presque exclusivement sur nos difficultés.

La psychologie positive propose d’élargir ce regard.

Quelles sont mes forces ?

Dans quels environnements est-ce que je me sens bien ?

Avec quelles personnes puis-je réellement être moi-même ?

Quelles situations me permettent de donner le meilleur de moi ?

Qu’est-ce qui m’aide lorsque je commence à me sentir submergé(e) ?

Quelles stratégies ai-je déjà développées sans forcément m’en rendre compte ?

Il ne s’agit pas de nier les difficultés.

Il s’agit de reconnaître également tout ce que la personne a déjà construit pour vivre avec son propre fonctionnement.

Trouver son équilibre plutôt que devenir « moins »

Pendant longtemps, certaines personnes essaient de devenir moins.

Moins sensibles.

Moins émotives.

Moins intenses.

Moins différentes.

Moins elles-mêmes.

Mais peut-être que l’objectif n’est pas toujours de ressentir moins.

Il peut être d’apprendre à mieux reconnaître ce que l’on ressent, à poser certaines limites, à choisir lorsque c’est possible des environnements qui nous correspondent et à développer des stratégies lorsque nous devons évoluer dans ceux qui nous sollicitent davantage.

Il ne s’agit pas non plus de considérer que nous ne devons jamais changer.

Mieux se connaître permet justement de distinguer ce que nous pouvons travailler de ce que nous avons simplement besoin d’accepter ou d’aménager.

Passer de « qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? » à « de quoi ai-je besoin ? »

Ce changement de question peut paraître minime.

Il peut pourtant transformer profondément le regard que l’on porte sur soi.

Parce que se comprendre ne signifie pas tout excuser.

S’accepter ne signifie pas renoncer à évoluer.

Et reconnaître ses limites ne signifie pas être faible.

Cela signifie simplement commencer à construire son quotidien en tenant compte de la personne que l’on est réellement, plutôt que de celle que l’on pense devoir être.

Vous n’avez peut-être pas besoin de devenir « moins ».

Peut-être avez-vous d’abord besoin de mieux comprendre ce qui vous submerge, ce qui vous ressource, ce qui vous fragilise et ce qui vous permet de vous sentir pleinement vous-même.

Et parfois, le chemin vers davantage de bien-être commence précisément là :

non pas en cherchant immédiatement à se corriger, mais en apprenant enfin à se connaître.

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