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Confiance en soi

Pourquoi ai-je toujours l’impression de ne pas être assez ?

Construire une relation plus juste avec soi même

D’où vient ce sentiment et comment commencer à construire une relation plus juste et bienveillante avec soi-même ?

« Je ne suis jamais assez » : apprendre à porter un regard plus juste sur soi

Pas assez bien.

Pas assez intéressant(e).

Pas assez beau ou belle.

Pas assez compétent(e).

Pas assez productif(ve).

Pas assez fort(e).

Pas assez présent(e) pour les autres.

Et parfois, même lorsque nous réussissons quelque chose, cette petite voix trouve encore le moyen d'ajouter :

« Oui, mais tu aurais pu faire mieux. »

Le sentiment de ne jamais être « assez » peut s'installer discrètement. Il influence notre manière de nous comparer, de recevoir un compliment, de vivre nos erreurs ou de reconnaître nos réussites.

À force, nous pouvons devenir beaucoup plus exigeants envers nous-mêmes que nous ne le serions jamais envers quelqu'un que nous aimons.

Alors, d'où vient ce regard si sévère ? Et surtout, comment commencer à construire une relation plus juste et bienveillante avec soi-même ?

Cette petite voix ne vient pas de nulle part

Notre manière de nous regarder se construit progressivement.

Les paroles entendues pendant l'enfance, les attentes familiales, les expériences scolaires, les relations, les critiques, les comparaisons ou certaines expériences de rejet peuvent influencer l'image que nous développons de nous-mêmes.

Parfois, nous avons appris qu'il fallait réussir pour être valorisé.

Être sage pour être apprécié.

Être disponible pour être aimé.

Ne pas montrer ses fragilités.

Faire mieux.

Faire plus.

Ne pas décevoir.

Avec le temps, certaines exigences extérieures peuvent devenir notre propre voix intérieure.

Et même lorsque personne ne nous demande plus d'être parfait, nous pouvons continuer à l'exiger de nous-mêmes.

Quand la comparaison devient notre unité de mesure

Les autres semblent parfois avoir davantage confiance en eux.

Une meilleure situation professionnelle.

Un couple plus heureux.

Un corps différent.

Une maison plus belle.

Plus d'amis.

Plus de projets.

Plus de réussite.

Et les réseaux sociaux peuvent encore accentuer cette impression.

Nous comparons alors notre quotidien entier (avec ses doutes, ses échecs et ses journées ordinaires) à des fragments soigneusement choisis de la vie des autres.

Le problème n'est pas forcément de se comparer. La comparaison est humaine.

Mais lorsqu'elle devient notre principale manière d'évaluer notre valeur, il y aura presque toujours quelqu'un qui semble faire mieux que nous.

Et la ligne d'arrivée continuera de reculer.

« Quand j'aurai réussi ça, je serai enfin fier de moi »

Nous pouvons également conditionner notre estime personnelle à un objectif futur.

Quand j'aurai perdu du poids.

Quand j'aurai trouvé un travail.

Quand mon entreprise fonctionnera.

Quand je serai en couple.

Quand j'aurai acheté une maison.

Quand je serai moins anxieux.

Quand j'aurai davantage confiance en moi.

Alors, enfin, je pourrai être satisfait de moi.

Mais une fois l'objectif atteint, un autre apparaît souvent.

Et nous oublions rapidement le chemin parcouru.

Il ne s'agit pas de renoncer à vouloir évoluer.

Nous pouvons souhaiter changer certaines choses sans considérer que la personne que nous sommes aujourd'hui n'a pas suffisamment de valeur.

Être bienveillant envers soi ne signifie pas tout se pardonner

La bienveillance envers soi est parfois confondue avec le fait de se trouver des excuses.

Pourtant, porter un regard plus doux sur soi ne signifie pas penser que nous faisons toujours tout correctement.

Nous pouvons reconnaître :

« Je n'ai pas bien réagi. »

sans conclure :

« Je suis une mauvaise personne. »

Nous pouvons penser :

« J'ai échoué cette fois-ci. »

sans transformer cet échec en :

« Je suis incapable. »

Nous pouvons regretter un comportement, présenter des excuses, apprendre et essayer de faire différemment.

La responsabilité et la bienveillance ne sont pas incompatibles.

Au contraire, un regard plus juste sur soi permet parfois de reconnaître plus facilement ses erreurs, parce qu'elles ne remettent plus en question toute notre valeur.

Se parler comme on parlerait à quelqu'un que l'on aime

Imaginez qu'une personne que vous aimez vienne vous voir après un échec.

Lui diriez-vous :

« Tu es vraiment nul(le). »

« Évidemment que tu n'y es pas arrivé(e). »

« Regarde les autres, eux au moins réussissent. »

Probablement pas.

Vous pourriez reconnaître sa déception tout en lui rappelant ce qu'elle a essayé, ses qualités ou le fait qu'une difficulté ne résume pas toute sa personne.

Pourtant, intérieurement, nous pouvons nous adresser à nous-mêmes avec une violence que nous n'utiliserions jamais envers quelqu'un d'autre.

Une première étape peut donc simplement consister à écouter notre dialogue intérieur.

Pas forcément pour le corriger immédiatement.

D'abord pour le remarquer.

Remplacer le jugement par une parole plus juste

La psychologie positive ne consiste pas à remplacer :

« Je suis nul(le) »

par :

« Je suis extraordinaire ! »

si nous ne le croyons absolument pas.

Une phrase plus réaliste peut parfois être beaucoup plus utile.

Au lieu de :

« Je rate toujours tout. »

Essayer :

« Cette fois-ci n'a pas fonctionné comme je l'espérais. »

Au lieu de :

« Je suis incapable de gérer mes émotions. »

Essayer :

« Aujourd'hui, cette émotion a été particulièrement difficile à gérer. »

Au lieu de :

« Je n'en fais jamais assez. »

Essayer :

« Je fais ce que je peux avec les ressources dont je dispose actuellement. »

Ce n'est pas se mentir.

C'est passer d'un jugement global sur notre personne à une observation plus précise de la situation.

Apprendre à reconnaître ce que l'on fait déjà

Lorsque notre regard est très critique, nous remarquons rapidement ce qui manque.

Beaucoup moins ce qui est déjà là.

Nous pouvons terminer une journée avec neuf choses accomplies et ne penser qu'à la dixième que nous n'avons pas faite.

Recevoir cinq compliments et rester bloqué sur une remarque négative.

Réussir quelque chose et immédiatement minimiser :

« Ce n'était pas si compliqué. »

« J'ai eu de la chance. »

« N'importe qui aurait pu le faire. »

La psychologie positive peut nous inviter à rééquilibrer progressivement ce regard.

Qu'ai-je réussi aujourd'hui ?

Quelle difficulté ai-je traversée ?

Quelle qualité ai-je mobilisée ?

De quoi puis-je être fier, même légèrement ?

Il ne s'agit pas de dresser chaque soir une liste de performances.

Certaines journées, avoir respecté son besoin de repos peut déjà être quelque chose à reconnaître.

Redécouvrir ses forces sans nier ses fragilités

Nous sommes souvent capables de dresser très rapidement la liste de nos défauts.

Nos forces demandent parfois davantage de réflexion.

Pourtant, elles sont présentes.

La curiosité.

La créativité.

L'humour.

La persévérance.

La gentillesse.

Le courage.

La capacité à aimer.

L'écoute.

La prudence.

La capacité à apprendre.

Reconnaître ses forces ne signifie pas nier ses difficultés.

Une personne peut être courageuse et avoir peur.

Généreuse et avoir besoin de poser des limites.

Persévérante et parfois abandonner.

Forte et avoir besoin d'aide.

Nous n'avons pas besoin d'être parfaits pour reconnaître ce qu'il y a de précieux en nous.

Accepter que notre valeur ne soit pas notre productivité

Dans un quotidien où nous sommes souvent encouragés à faire davantage, il peut devenir difficile de distinguer notre valeur de ce que nous produisons.

Une journée remplie semble réussie.

Une journée de repos peut donner mauvaise conscience.

Pourtant, nous ne demanderions probablement pas à quelqu'un que nous aimons de justifier en permanence sa place par ses performances.

Notre valeur ne disparaît pas lorsque nous sommes fatigués.

Elle ne diminue pas lorsque nous avons besoin d'aide.

Elle ne dépend pas uniquement de notre travail, de notre apparence, de notre couple ou du nombre de choses accomplies aujourd'hui.

Nous sommes aussi ce que nous aimons, ce que nous transmettons, les relations que nous construisons, nos valeurs, nos sensibilités et notre manière d'être au monde.

Faire de la place à la personne que l'on est aujourd'hui

Nous avons parfois une image très précise de la personne que nous devrions être.

Plus organisée.

Plus confiante.

Plus sociable.

Plus mince.

Plus productive.

Moins sensible.

Moins anxieuse.

Cette version idéale de nous-mêmes peut devenir une référence permanente contre laquelle la personne réelle semble toujours insuffisante.

Évoluer est précieux.

Mais peut-être pouvons-nous nous poser une autre question :

« Est-ce que je peux chercher à devenir la personne que j'aimerais être sans être constamment en guerre avec celle que je suis aujourd'hui ? »

Le changement n'a pas nécessairement besoin de commencer par le rejet de soi.

Une relation avec soi se construit elle aussi

Nous parlons souvent de prendre soin de nos relations avec les autres.

Nous apprenons à communiquer.

À écouter.

À pardonner.

À poser des limites.

À reconnaître les besoins de l'autre.

Mais nous oublions parfois que nous entretenons également, chaque jour, une relation avec nous-mêmes.

Cette relation apparaît dans notre manière de nous parler après un échec.

Dans notre capacité à reconnaître nos limites.

Dans la façon dont nous accueillons nos émotions.

Dans ce que nous nous autorisons.

Dans la manière dont nous regardons nos réussites.

Et comme toutes les relations, celle-ci peut évoluer.

Commencer par un regard plus juste

S'aimer profondément du jour au lendemain peut sembler inaccessible.

Alors peut-être que l'objectif n'a pas besoin d'être immédiatement :

« Je dois apprendre à m'aimer. »

On peut commencer plus simplement.

Apprendre à moins se dévaloriser.

Reconnaître une qualité sans immédiatement la minimiser.

Accepter un compliment.

Remarquer une réussite.

Se pardonner une erreur.

Respecter une limite.

Demander de l'aide.

Se reposer sans devoir absolument le mériter.

Ce sont de petits changements.

Mais répétés, ils peuvent progressivement modifier la manière dont nous nous considérons.

La psychologie positive ne nous demande pas de nous regarder dans un miroir en nous répétant que nous sommes extraordinaires.

Elle peut nous aider à porter sur nous-mêmes un regard plus complet : capable de reconnaître nos fragilités sans oublier nos forces, nos erreurs sans effacer nos réussites, et ce qu'il nous reste à construire sans nier tout le chemin déjà parcouru.

Peut-être que construire une relation plus bienveillante avec soi commence simplement par cette question :

« Est-ce que je me parle aujourd'hui comme à une personne qui mérite mon respect ? »

Parce que parmi toutes les relations que nous construirons au cours de notre vie, il y en a une dont nous ne pourrons jamais vraiment nous éloigner :

celle que nous entretenons avec nous-mêmes.

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